Le parrainage des enfants déportés n’aura pas lieu

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Le parrainage des enfants déportés n’aura pas lieu

Message  Invité le Jeu 19 Juin - 12:19

Le parrainage des enfants déportés n’aura pas lieu


Jeudi 19 juin 2008

C’est désormais officiel : l’idée de Nicolas Sarkozy de faire parrainer «un enfant juif victime de la Shoah par des élèves de CM2» est abandonnée. Le ministre de l’Education a diffusé hier un projet de circulaire où il propose de privilégier «la thématique des enfants victimes» pour étudier le génocide. Il suggère aussi de travailler au niveau d’une classe, et non pas individuellement, et d’élargir aux enfants sauvés et aux Justes. On est bien loin de la proposition mortifère du président. Le 13 février, lors du dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Nicolas Sarkozy avait souhaité que «chaque année, à partir de la rentrée 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah». Ses propos avaient provoqué une vague de protestations.

Emotionnelle. Les enseignants mais aussi des personnalités comme Simone Veil avaient jugé l’idée choquante pour un enfant de 10 ans et critiqué une approche trop émotionnelle. Les professeurs avaient rappelé qu’ils n’avaient pas attendu le président pour aborder la Shoah en CM2. Devant le tollé qui survenait après l’affaire de la lettre de Guy Môquet, Xavier Darcos avait constitué un groupe de travail chargé de mettre en musique la proposition présidentielle, en clair de la rendre applicable sans vraiment la renier. Le ministre l’avait d’ailleurs lui-même très vite infléchie, parlant de laisser toute liberté pédagogique aux enseignants.

Présidé par Hélène Waysbord-Loing, inspectrice générale et présidente de l’association de la Maison d’Izieu dans l’Ain, le groupe de travail, où siégeaient notamment Simone Veil, Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann, a rendu public son rapport hier. Il exclut le parrainage d’un enfant mort par un vivant «afin de ne pas traumatiser un public jeune». «Il faut aborder le sujet de façon concrète par l’étude d’un nom, d’un visage, plus rarement de traces écrites, lettres ou portraits», plaide-t-il de façon très générale. Mais si l’on part «d’un exemple singulier (d’un enfant ou d’un groupe d’enfants)», c’est pour aller ensuite «au plus général». «L’approche par les enfants victimes doit éviter le compassionnel, avertit-il. Il doit aussi privilégier la vie, c’est donc avant tout l’itinéraire des enfants avant leur déportation qui est évoqué.»

Livret. Le rapport devrait être bien accueilli. Il propose d’ailleurs des pratiques qui se font déjà, comme visiter le mémorial de la Shoah ou retracer le destin des enfants déportés de l’école ou de la localité. Pourquoi tant de bruit pour en arriver là ? Pour le groupe de travail, il n’était pas inutile de rappeler l’importance d’étudier la Shoah alors que les témoins et les victimes disparaissent. Le ministre promet, lui, un livret pédagogique pour les enseignants et un portail Internet avec toutes les ressources sur la question.

Véronique Soulé.

Source: http://www.liberation.fr/actualite/societe/333224.FR.php


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